Hier, est sorti le premier magazine français hybride de news et de life style appelé "The Good Life". Ce qui veut dire que après GQ, l'Officiel Homme relooké par André, les français ont enfin de quoi lire le week-end.

Le succès de GQ a sans doute été le détonateur. Enfin un mag qui n'égrainait pas d'une façon ennuyeuse, une page de cigares, une page de voitures, une page de montres, une page de mode (orientée gay), une page de filles à gros seins et en partie dénudée (histoire de rectifier le tir de la page d'avant), mais un mag de son époque avec des sujets de société pointus et surtout un ton qui fera très vite école. Le succès de GQ donne la satisfaction de voir qu'il existe bel et bien en France un lectorat de qualité. 

Donc, nous étions ravis de voir arriver l'Officiel Hommes (nouvelle formule, très bien ficelée). On allait pouvoir arrêter d'acheter systématiquement, et à grands frais, Arena, Esquire.. mais en gardant Fantastic man et Monocle bien sûr. Monocle qu'on continuait à acheter parce que Monocle est unique. Un chef-d'oeuvre graphique, un magazine si bien de notre époque, si bien conçu pour les mecs, que chacun en le lisant se croit puissant et branché. Que le talent de Tyler Brûlé soit loué. Voilà un garçon qui a révolutionné la presse en créant Wallpaper et qui en a rajouté une couche en créant Monocle... Unique on vous dit..

La sortie hier de The Good Life a changé la donne. Voilà donc un magazine qui, du choix de la couverture au choix du papier et de la mise en page, s'aproprie l'esprit de Monocle, encore peu connu en France même si il est très bien distribué. Même mon fils (15 ans) le voyant hier sur mon bureau et sans que je dise quoi que ce soit m'a dit: "ben dis donc c'est grave copié sur Monocle". Ne manque que le leitmotiv obsédant de Brûlé sur les compagnies aériennes. (même si on distingue sur la couv' une maquette d'avion Air France)

Vont-ils éditer aussi un supplément d'été format quotidien?

Le contenu et les visuels sont (pour l'instant?) moins pointus que le modèle même si certains reportages, comme celui sur le quotidien Der Spiegel (mais déjà remarqué sur Monocle) et sur les réussites globales, sont prometteurs. Le magazine enfonce les portes ouvertes de la branchitude, sans doute un passage obligé pour attirer le lecteur et surtout montrer de quelle bande on fait partie

Mais: 

-comme la critique est aisée mais l'art difficile,

-comme il manquait un magazine "global" dans cette veine en France,

-comme le niveau d'anglais exigé, pour apprécier Monocle à sa juste valeur, est plus que costaud,

l'arrivée de The Good Life est une très bonne nouvelle. 

... Et puis, il semblerait qu'ils savent manier l'humour et l'auto-dérision.